On n’écrit pas quand on est une petite charogne.
On se planque. On se vautre . Mais on n’écrit pas. Inutile. Stupide.
Couchée la charogne ! Couchée ! Tout la heurte. Tout la heurte. La
petite charogne. Les horizons d’attente. Le système. Le silence. Pas bouger !
Pas parler ! Mère indigne. Et fille indigne. La petite charogne cadastre
sa douleur. Cadavre la bouteille. Cherche le bon côté. De la laisse. Tout la
pénètre. Par le ventre. Par le dessous. Par derrière. Jamais par la tête. C’est
mal foutu quand même. Pas lubrique la petite charogne. Juste un gouffre. Avec
un enfant qui hurle dedans. Elle attend
l’aurore. Comme un chien malade. Elle est où la beauté hein ? Elle est où
la musique ? Il est où le vent ? Au matin. Elle secoue sa peau. La petite
charogne. De tous ses petits insectes cannibales. Dans le miroir pas trop magique. Elle se fait belle. Une jolie petite charogne. Elle finit
viteuf le poème. Et range tout comme il faut. Dans les placards. Un peu de
dignité. Merde. Au moins jusqu’à demain.
Black Hole

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