je m'offre un peu de silence
dans une cage de brume
pour quelques temps
lundi 16 novembre 2015
samedi 7 novembre 2015
Chantier chorégraphique ( 7 novembre 2015)
vendredi 6 novembre 2015
Si Dieu était un clochard
Le truc a commencé comme ça
Dans le hall d’un aérogare
Grands espaces et foule de taré
Je venais pas pour prendre l’avion
Je venais pas pour les vacances
Je savais pourquoi je venais
Mon voyage à moi c’était la cafet’.
Celui du borgne au comptoir
je sais pas
Il proférait des trucs dans sa barbe le vieux
Avec son œil crevé
Des trucs de prophète ravagé
Pauvres pauvres connards qu’il disait
On finira tous en poudre
En poudre
Il neigeait dans sa bouche d’ivrogne
Comme un oracle à la Œdipe
Comme un clodo tombé du ciel
Comme un chien hollywoodien
Qui lâche pas le morceau
Et qui te plante ses crocs dans la tête
Pour t’entraîner lentement
Quelque part
Où il faut bien que tu ailles
Tu choisis pas la destination
Juste quelques escales au mieux
T’as vu petite…C’était pas long hein ?
Il a fait
La nuit est tombée dans le hall de l’aérogare
Espaces vides absence de la foule
Alors je me suis dit comme ça
Que si j’avais plus de thunes je partirais faire un trekking au Népal
Que si j’avais plus de courage je démissionnerais
définitivement
Et que si Dieu était un clochard
Il puerait peut-être un peu moins de la gueule
mercredi 28 octobre 2015
mercredi 7 octobre 2015
J'écris pas
Je regarde la nuit. Les néons bleus de la
station-service. Par ma fenêtre. Je fais pas rien. Je remue le silence. A la
station. Y a un mec qui traîne. Sans véhicule. De dos. On dirait qu’il pisse.
Là. En pleine rue. Je me fie aux apparences. Peut-être qu’il est bourré.
Peut-être que c’est politique. On peut pas savoir avec les apparences. C’est peut-être
juste une manière de délester les fardeaux. Quelque part ailleurs. Hors murs. La
pisse coule sous les néons bleutés. Elle fait son voyage. Le type regarde ses
chaussures. Peut-être qu’il est pas bien. Qu’il est seul. Mais que sa solitude
est un blindage. Peut-être qu’il
angoisse. Peut-être qu’il pense à sa femme. Celle qui regarde d’autres hommes. Mais
c’est pas sûr. Peut-être qu’il comprend rien. A lui. Aux autres. Qu’il rentrera jamais. Que sa tête est encombrée.
Que ses placards éclatent. Que sa vaisselle explose. Que ses poubelles sont
trop remplies. Et que c’est l’ écho exact du vide. Du grand gouffre humain. Dedans
et puis dehors . Comme une déflagration silencieuse. Ou alors peut-être que c’est
moi. Dedans et puis dehors. Et qu’y a pas de mec du tout. Mais juste moi. Pour pisser
debout en pleine rue. Seule. Dedans et puis dehors. Sous les néons bleus. Avec
la station. Les fardeaux. Les poubelles. En regardant la nuit. Par ma fenêtre. Peut-être.
samedi 3 octobre 2015
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