mercredi 3 juin 2015
J'écris toujours pas
Je marche sous la pluie. Je préfère. Tout paraît
un peu con quand j’écris. C’est pas grave au fond. J’achète du thé. Une
blinde la plante. Pour la petite défonce journalière. Pour l’addiction.
Et une bouteille de blanc. Mais juste pour ce soir. Une putain
d’horloge aussi. Et son putain de bruit. Moi qui pensais biaiser le
temps. L’orgueil du hors système. Mais non. C’est pas grave au fond.
Après je me colle un peu aux vitrines. Comme tout le monde. Quand
ça dégueule trop du ciel. Avec ma tête tondue. Dans le reflet. J’ai
l’air malade. Je ressemble à du plastique. C’est pas grave au fond.
J’achète des sous-vêtements qui m’affolent moi-même. Je parle un peu
solitude avec un scieur de plinthes. Je vais chez le serrurier pour
refaire ma nouvelle clé. En double. Au cas où. Moi et ma tendance à
perdre les choses. Le type pratique l’humour au second degré mais ne
m’offre pas de porte-clé pour autant. C’est pas grave au fond. Et puis
je rentre juste après la pluie. Il est tard mais la nuit ne tombe pas
tout de suite en mai. C’est pas grave au fond. J’ai faim. Je mange.
Avec un mur. Avec ma putain d’horloge. Avec ma bouteille. Et avec la
pluie qui revient.
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