Je suis touriste. Et c’est l’été. Vieilles
baraques et ateliers de poterie. Un vrai chemin de croix. Tout y est. Schémas familiaux en chiffres pairs. Marcheurs
du dimanche. Photographes du dimanche. Conversations
du dimanche. On s’emmerde. Putain. Sacro-saintement. Et alors. Arrivent cent
cinquante pellerins. Des scouts peut-être. Des gamins. Avec leurs grandes chaussettes
marron. Tous en ascension vers une cathédrale. Dans le ciel . Ils
montent les marches sur les genoux. Ils prient. On comprend pas ce qu’ils disent.
C’est un peu théâtral. Ils s’écorchent les genoux. Ils parlent. Ils montent.
Ils s’écorchent. Ca pourrait être
ridicule et non. C’est un peu bouleversant. Ils se hissent. Ils saignent. Plus
que 450 marches. Ils prient. Ils se tailladent. Je m’en fous de ce qu’ils
disent. Ils chuchotent. Ils s’éraflent. Ils ont l’air d’y croire. Dans leurs
visages. Dans leurs corps. On dirait qu’ils dansent. Fort. On comprend pas ce qu’ils
disent. Peut-être qu’ils récitent et peut-être pas. On s’en fout. On s’emmerde plus. On s’en prend plein l’ennui.
Et c’est un peu de la poésie. Alors ça se demande pas. Même en rêve.
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