Alors c’est ça . T’aimes pas quand je fais ces trucs
avec mon corps. T’aimes pas quand j’ai l’air
de me tordre. Tu dis que t’aimes pas mes penchants. Que je te fais peur. Qu’y a ce truc agressif
et malsain au fond de mon ventre. Que je suis violente. Ca te rappelle mes
histoires de tripes. De cordon mal tranché. Mes petites boucheries poétiques. C’est
drôle quand même que t’aies pas regardé une seconde autour de toi . Y avait ce
type, celui qui veut dessouder la tête des filles mûres pour les visser sur des
corps de gamines. Y avait la fille de cabaret à côté, celle qui s’assure qu’on
la regarde fort. Y avait aussi celle venue
cracher juste à mes pieds mais sans lever les yeux. Et puis ceux qui sont
toujours là quand on les invite pas et ceux qu’on invite mais qui ont des
courses à faire. Quelques-uns qui mataient en buvant de la bière qui fait roter
et les autres restés chez eux comme un dimanche dominical. Et toi tu t’étonnes
que ça penche. Les reflets dans la vitrine. C’est vrai que je la lèche pas
comme toi. C’est vrai que j’avais viré mes fringues ce jour-là. C’est vrai que
je m’étais tondu la tête à 13mm. C'est vrai que ça avait un peu un air de scandale à Berlin. C’est vrai que j’ai un peu saboté les belles images.
Et c’est vrai que je me sentais vachement humaine.
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