mercredi 3 juin 2015

Comme un air de scandale à Berlin



Alors c’est ça . T’aimes pas quand je fais ces trucs avec mon corps.  T’aimes pas quand j’ai l’air de me tordre. Tu dis que t’aimes pas mes penchants.  Que je te fais peur. Qu’y a ce truc agressif et malsain au fond de mon ventre. Que je suis violente. Ca te rappelle mes histoires de tripes. De cordon mal tranché. Mes petites boucheries poétiques. C’est drôle quand même que t’aies pas regardé une seconde autour de toi . Y avait ce type, celui qui veut dessouder la tête des filles mûres pour les visser sur des corps de gamines. Y avait la fille de cabaret à côté, celle qui s’assure qu’on la regarde fort.  Y avait aussi celle venue cracher juste à mes pieds mais sans lever les yeux. Et puis ceux qui sont toujours là quand on les invite pas et ceux qu’on invite mais qui ont des courses à faire. Quelques-uns qui mataient en buvant de la bière qui fait roter et les autres restés chez eux comme un dimanche dominical. Et toi tu t’étonnes que ça penche. Les reflets dans la vitrine. C’est vrai que je la lèche pas comme toi. C’est vrai que j’avais viré mes fringues ce jour-là. C’est vrai que je m’étais tondu la tête à 13mm. C'est vrai que ça avait un peu un air de scandale à Berlin. C’est vrai que j’ai un peu saboté les belles images.  Et c’est vrai que je me sentais vachement humaine.

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