vendredi 29 mai 2015

J'écris pas



J’écris pas. Pas possible. Je vis sur un chantier. Un bordel  sans nom. Même pas un nom de travail. Un merveilleux foutoir. Genre réactionnaire. Tu saurais pas où mettre un pied. Ca tremble. Une gelée mentale qui tremble. A l’anglaise. Des collants sur la tête. Je bâche des trucs. Et je débâche d’autres trucs. Je m’allonge sur des trottoirs. Au musée. Ou chez les voisins en robe  bleu Andersen . Je shoote le ciel depuis le bitume. Qu’est-ce que tu fous ? me demande ma mère qui a la passion du ménage . A quoi tu joues ? Question essentielle.  Je vais chercher si tu veux. Sous les décombres. Dans mon ventre. Dans l’eau qui croupit. Dans le pétrole. De nuit. Y a des cadavres épouvantables. Ils remontent parfois. Ils sont tout gonflés les cadavres . Mais pas bavards.  Sinon y a pas grand monde qui passe.  C’est pas trop pour les enfants. Ni pour personne d’ailleurs. Faut être vacciné. C’est paumé. Hors zone. Sans balises. Alors je sais pas. Ah si. Y a un poète courtois. Il a trouvé un sentier détourné. Il vient traîner parfois. Avec ses ambiances. Et j’aime bien. Juste.

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