J’écris pas. Pas possible. Je vis sur un chantier. Un
bordel sans nom. Même pas un nom de
travail. Un merveilleux foutoir. Genre réactionnaire. Tu saurais pas où mettre
un pied. Ca tremble. Une gelée mentale qui tremble. A l’anglaise. Des collants
sur la tête. Je bâche des trucs. Et je débâche d’autres trucs. Je m’allonge sur
des trottoirs. Au musée. Ou chez les voisins en robe bleu Andersen . Je shoote le ciel depuis
le bitume. Qu’est-ce que tu fous ? me demande ma mère qui a la passion du
ménage . A quoi tu joues ? Question essentielle. Je vais chercher si tu veux. Sous les
décombres. Dans mon ventre. Dans l’eau qui croupit. Dans le pétrole. De nuit. Y
a des cadavres épouvantables. Ils remontent parfois. Ils sont tout gonflés les
cadavres . Mais pas bavards. Sinon
y a pas grand monde qui passe. C’est pas
trop pour les enfants. Ni pour personne d’ailleurs. Faut être vacciné. C’est
paumé. Hors zone. Sans balises. Alors je sais pas. Ah si. Y a un poète courtois.
Il a trouvé un sentier détourné. Il vient traîner parfois. Avec ses ambiances.
Et j’aime bien. Juste.
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