J’écris pas. Je laisse les mots pourrir. Je les écris pas.
Et j’autorise même mes idées à crever. Peut-être parce que j’aime l’abandon.
Peut-être par goût du délabrement. Les hôpitaux désertés surtout. Les vieux
hangars. Comme une pulsion primitive. Sans agressivité. Et puis y a la volatilité du
moment aussi. L’éphémère. Rien d’autre qu’un grand brasier. Tout dépend d’où on
se place. Et de l’humeur. Je pourrais tout foutre au feu. Même avant de l’avoir
écrit. D’ailleurs je l’ai déjà fait. Je m’en défais des mots. Je vis pour les
actes. Brûle-toi les pieds dans la
neige. Ca fait mal. D’accord. Mais c’est
ça la réalité du corps. C’est ma faille. Les mots s’ inscrivent pas vraiment
dans le temps. C’est de la dimension parallèle. T’écris mais tu le vis pas. Tu le
vis mais c’est déjà fini. Tu vois, c’est le paradoxe de l’instant. Là / pas là.
Là /plus là. Tralala. Des fois c’est marrant. D’autres fois ça m’assassine.
Simplement.
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