mercredi 27 mai 2015

J'écris pas



J’écris pas. Je laisse les mots pourrir. Je les écris pas. Et j’autorise même mes idées à crever. Peut-être parce que j’aime l’abandon. Peut-être par goût du délabrement. Les hôpitaux désertés surtout. Les vieux hangars. Comme une pulsion primitive.  Sans agressivité. Et puis y a la volatilité du moment aussi. L’éphémère. Rien d’autre qu’un grand brasier. Tout dépend d’où on se place. Et de l’humeur. Je pourrais tout foutre au feu. Même avant de l’avoir écrit. D’ailleurs je l’ai déjà fait. Je m’en défais des mots. Je vis pour les actes. Brûle-toi  les pieds dans la neige.  Ca fait mal. D’accord. Mais c’est ça la réalité du corps. C’est ma faille. Les mots s’ inscrivent pas vraiment dans le temps. C’est de la dimension parallèle. T’écris mais tu le vis pas. Tu le vis mais c’est déjà fini. Tu vois, c’est le paradoxe de l’instant. Là / pas là. Là /plus là. Tralala. Des fois c’est marrant. D’autres fois ça m’assassine. Simplement.

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